Maintenance automobile et décarbonation : le Shift Project pose les chiffres ; nous les vivons au quotidien.

Maintenance automobile et décarbonation : le Shift Project Photo de couverture
Dossier Emploi et décarbonation : focus sur la maintenance automobile : photo © Yann Arthus Bertrand

Le Shift Project vient de publier son rapport : Emploi et formation : des leviers essentiels pour décarboner . En cinq focus sectoriels et une analyse transverse (21 mai 2026).

Nous nous sommes intéressés
au Focus "Maintenance Automobile"

On ne présente plus le Shift Project. C’est l’un des rares think tanks en France dont la rigueur méthodologique sur les enjeux de transition énergétique est difficilement contestable. Quand ils publient, on lit… Et ce rapport, nous l’avons lu.

Ce que le rapport dit, en clair.

La filière de la maintenance automobile va traverser une décennie de double contrainte.

D’un côté, une contraction structurelle de l’emploi à long terme, entre -20 % et -67 % des emplois de maintenance d’ici 2050 selon les scénarios, portée par la simplification mécanique des véhicules électriques et l’évolution des usages.

De l’autre, un besoin immédiat et urgent de compétences nouvelles. Les véhicules électriques et hybrides représentent déjà une part croissante des entrées en atelier, et les techniciens capables de les diagnostiquer et les réparer manquent. Aujourd’hui, 83 % des mécaniciens des réseaux constructeurs sont formés à la maintenance des véhicules électriques (47% des salariés du secteur) . Dans les centres de réparation multimarques ne le sont qu’à 35 % (10% des salariés) et pour les garages indépendants, ce chiffre tombe à 14 %(43% des salariés du secteur).

Cet écart n’est pas un détail. C’est une fracture.

Un paradoxe que nous connaissons bien sur le terrain

Le rapport pointe également quelque chose que nous observons depuis plusieurs années dans nos missions : 76 % des projets de recrutement de mécaniciens et d’électroniciens de véhicules sont jugés difficiles à pourvoir. Un chiffre que les données BMO de France Travail (Besoins en Main-d’Oeuvre) confirment année après année. (voir notre article : Projets de recrutement 2026 sont en retrait mais les métiers de l’automobile restent sous tension .

Pourtant, 12 000 jeunes sortent chaque année de formation CAP et Bac Pro en maintenance automobile. Le secteur ne manque pas de vocations.

Alors pourquoi ce paradoxe ? Parce que 57 % seulement de ces jeunes obtiennent leur diplôme, et que seulement 29 % sont en emploi dans le métier visé à six mois.

Le problème n’est pas le nombre. C’est le parcours entre la formation et l’emploi, ponctué de décrochages, d’échecs à l’examen, de réorientations, et d’un écart croissant entre le niveau du CAP et le niveau attendu par des garages qui recrutent désormais des profils BTS pour faire face à la complexification électronique des véhicules.

Ce que nous en faisons, concrètement

Chez LEA Partners , nous accompagnons des acteurs de la filière automobile (réseaux, distributeurs, garages indépendants…) sur exactement ces sujets.

Les baromètres que nous construisons chaque année à partir des données BMO, Ministère du travail, ANFA (voir notre article : Baromètre RH : mise en perspective dans les filières automobiles) nous permettent aussi de mettre des chiffres sur ce que nos clients ressentent déjà. Ce rapport du Shift Project apporte aussi sa profondeur de projection. Il confirme que la tension n’est pas conjoncturelle. Elle est structurelle et durable.

Cela a changé depuis quelques années la nature de nos réponses à apporter dans nos accompagnements.

En particulier :

Sur la GEPP, l’enjeu n’est plus seulement de cartographier les compétences existantes. C’est d’anticiper les compétences qui seront nécessaires dans trois à cinq ans, en intégrant la double dimension thermique / électrique, et de construire des plans de montée en compétences finançables et réalistes, y compris pour les petites structures qui ne peuvent pas se permettre d’immobiliser un technicien plusieurs jours.

Sur la fidélisation, le rapport le dit clairement : former ses salariés est parfois perçu comme risqué, car cela peut accélérer leur mobilité vers des employeurs mieux-disants. C’est une réalité. Mais ne pas les former, c’est les perdre différemment : par obsolescence, par démotivation, ou par incapacité à prendre en charge les véhicules de demain. La fidélisation passe par la reconnaissance du savoir-faire, la clarté des perspectives et la qualité du management de proximité. Ce sont des sujets sur lesquels nous intervenons directement.

Sur le recrutement, notre expertise nous permet d’élargir les viviers au-delà des filières classiques de l’automobile. Des profils issus de l’électricité, du bâtiment ou de l’industrie portent déjà les compétences électroniques que les garages recherchent. Les identifier, les convaincre et les intégrer demande une approche différente de la simple publication d’annonce.

En résumé

Le Shift Project confirme ce que le terrain nous dit depuis plusieurs années. La filière de la maintenance automobile est en transformation profonde, et les entreprises qui anticipent auront un avantage décisif sur celles qui attendent.

La décarbonation n’est pas qu’un sujet environnemental. C’est un sujet RH, managérial et stratégique. Et c’est précisément là que nous travaillons.

N’hésitez pas à nous contacter, nous pouvons certainement vous accompagner et votre OPCO Mobilité vous aider.

Sources :

Rapport complet : puis cliquez sur la note sectorielle sur la Maintenance Automobile », The Shift Project, mai 2026.

BMO France Travail 2026 : secteur du commerce et de la réparation automobile

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