Le CDI, un contrat en voie de disparition ?

À vos stylos, prenez des notes et ne manquez pas les informations livrées par un Consultant senior du cabinet de conseil LEA Partners à travers ses « Chroniques du chasseur » que nous exploreront au fur et à mesure. Il est certain que la chasse aux CDI est lancée, candidats, cabinets, tout le monde s’y met sauf peut-être… les entreprises. Nous allons voir pourquoi la recherche d’un CDI en 2021 est de plus en plus fastidieuse. 

La chasse au cdi, une tâche difficile

En regardant de plus près les besoins en recrutement des entreprises on se rend compte que les recrutements pour un contrat en CDI sont de moins en moins proposés. Même si le ministère du travail sait que les CDD se succèdent, il est important d’en comprendre l’origine. La recherche d’un emploi devient compliquée pour les candidats souhaitant s’insérer rapidement dans le marché du travail.

Un manque d'adéquation entre l'offre et la demande d'emploi

L’équation responsabilités/rémunération est souvent défavorable voire inacceptable, même si les entreprises tendent à avoir un salarié idéal. La réalité du terrain est tout autre compte tenu de la disproportion qu’il existe entre le poste et les enjeux qui s’imposent au collaborateur. Bien que l’entreprise ne soit pas en mesure d’avoir une visibilité sur un poste à long terme, il convient de rester prudent. 

Quoiqu’il en soit, le choix est vite fait pour le candidat si les missions ne pas en accord avec son ambition professionnelle. Un contrat sans évolution de carrière est bien évidemment un frein. Recrutement au succès ou non, la qualité d’un bon recruteur vient également de sa capacité à mettre en place des outils efficaces avec les moyens qui y sont associés. 

Oublions les honoraires, car la qualité du recrutement tend à aller vers le bas s’il n’est pas tenu compte de ces aspects. Toutes les entreprises n’ont pas forcément conscience des enjeux et de l’implication d’un recruteur qui semble tant bien que mal mettre en avant leurs apports bénéfiques. Une hausse du recours au CDI et à l’intérim est constatée depuis l’année 2020, notamment dans l’industrie automobile. 

 

Malgré les difficultés de recrutement, les entreprises semblent en phase avec l’idée d’une évolution de carrière et d’une stabilité professionnelle. Il convient lors d’une collaboration entre un cabinet de recrutement et une entreprise de définir ensemble la stratégie à adopter avec des critères détaillés sur le profil de poste.

La séléction exigeante des candidats et le feedback parfois inexistant

La relation entre recruteurs et entreprises est de plus en plus compliquée. Par soucis de transparence, ce constat est très fréquent. Pourquoi les entreprises sont méfiantes ? Quel est le fond du problème ? Il suffit de regarder en termes de budget et d’engagement sur les recrutements. La concurrence entre les cabinets est rude parfois même tendues. 

C’est à qui aura le plus de clients et la plus belle affaire tout en oubliant le principe fondamental du recrutement qui est de trouver un profil en adéquation avec le poste de travail. Les CDI sont de plus en plus rares et on peut le comprendre difficilement. Cela se fait ressentir surtout si on peut profiter d’une période de digestion de quatre mois renouvelables une fois pour les gibiers les plus « nobles » de type middle et top managers. 

Pourquoi autant de concurrence ? La réponse se trouve dans la question. L’identification du profil adapté est une étape souvent bâclée voire oubliée par certaines entreprises et recruteurs, n’en déplaise au monde de l’intérim qui voit son succès en hausse. A vrai dire lorsque c’est une question d’urgence c’est compréhensible et encore cela dépend du type de poste car il ne s’agit pas de mettre n’importe quel candidat au poste de mécanicien ou de carrossier peintre. 

Le savoir-faire et le savoir être sont de plus en plus rare, sommes-nous dans une époque en transition vers de nouveaux formes de travail ? Nous le serons bien assez tôt, en attendant cette phase particulière de transition, il est important de s’adapter aux besoins des entreprises et des candidats. 

Le CDI, un contrat pour la sécurité de l'emploi

Combien de candidats rêvent d’un emploi en CDI et d’une stabilité professionnelle ? Vous direz quasiment tous, mais ce n’est pas si évident que ça, nous allons analyser ça de plus près.

A la recherche d'une stabilité professionnelle

L’objectif de trouver un emploi stable est remis en cause compte tenu des faibles engagements (économiques et opérationnels) que ce type de contrat génère pour les entreprises recruteuses. On assiste à des phénomènes qui détériorent la relation des candidats aux entreprises et l’image globale de l’univers du recrutement. 

La recherche d’une stabilité professionnelle étant un facteur important d’une embauche, il convient d’identifier les sources d’attractivité des entreprises. Dans ce cadre, nous pouvons observer le palmarès des entreprises offrant les meilleures perspectives d’évolution de carrière publié par LinkedIn. LinkedIn étant un réseau social professionnel en même temps qu’une plateforme internationale de recrutement permet d’avoir une vision assez claire du potentiel d’embauche de certaines entreprises. 

Pour établir ce palmarès, LinkedIn utilise plusieurs critères très pertinents : les perspectives de carrière, le développement des compétences, la stabilité des carrières, les opportunités externes, les relations nouées au sein de l’entreprise, l’égalité entre hommes et femmes, et la diversité des profils. Tous ces aspects RH sont autant de critères à prendre en compte pour déterminer une évolution de carrière et la garantie d’une stabilité professionnelle dans la recherche des candidats.

L'évitement du chômage et du turn-over

Rappelons-nous que certaines entreprises fonctionnent à flux tendu et cela s’est accentué depuis la crise sanitaire de la COVID 19. L’Etat à mis en place des aides financières plutôt favorables aux entreprises et à l’embauche des jeunes de 16 à 25 ans. Cependant, il n’en demeure pas moins que beaucoup de demandeurs d’emploi restent inscrits à Pôle emploi. 

Certaines entreprises comme Amazon ont vu leur chiffre d’affaires grimper malgré l’impact de crise sanitaire. Amazon a notamment prévu de recruter 3000 personnes en CDI durant l’année 2021. C’est une porte ouverte vers de nombreuses opportunités d’emploi et vers une baisse du chômage. Cependant, cela ne veut pas dire que le turn-over n’est pas présent et que les entreprises trouvent du personnel facilement. 

La difficulté à recruter est notamment mise en avant à travers une enquête annuelle de Pôle emploi. C’est notamment le cas pour le secteur du bâtiment qui manque de main d’œuvre sur l’année 2021, même si les perspectives d’embauche sont encourageantes pour 2021. Concernant le secteur de la restauration, le fait même d’envisager un recrutement n’est pas forcément à l’ordre du jour. 

Le secteur de l’automobile semble aussi impacté au niveau de l’emploi car avec le développement de l’électrique, des milliers d’emplois sont menacés c’est le cas par exemple avec la Fonderie de Bretagne. Ce type de cas souligne la fragilité du marché de l’emploi et la perte de confiance des candidats pour trouver un emploi stable avec des possibilités d’évolution de carrière. Il faut dire que les attentes des candidats et des salariés ne sont plus les mêmes et tendent également à être élevées.

Contrat de courte durée ou intérim ?

Le recours à l’intérim est de plus en plus sollicité par les entreprises et parfois même à la demande des candidats qui durant leur parcours ont été salariés, mais souhaitent un changement de conditions de travail en accord avec leur attentes professionnelles.

Un choix de plus en plus pressant pour les candidats

Les candidats ont le choix entre un CDI, un CDD ou de l’intérim, mais qu’en est-il de la réalité ? Il faut savoir que jusqu’au 30 octobre 2021, un employeur pourra renouveler un CDD plus facilement, mais qu’en est-il de la possibilité d’un CDI ? Pourquoi cette volonté de vouloir pérenniser un contrat à durée déterminée ? Il convient d’analyser en détail la situation actuelle du marché de l’emploi.

Malgré la crise, certains secteurs ont dû mal à recruter, ce qui n’est pas une grande nouvelle. Cependant, il faut savoir que les embauches ont baissé de 7.6% en France durant le 4ème trimestre. Nous voyons que l’offre et la demande ont du mal à coïncider et que les candidats voient leur capacité à choisir se réduire de plus en plus en ce qui concerne le type de contrat. 

 

 

En précisant que les grandes métropoles ont concentré 33% des offres en CDI/CDD au 1er trimestre 2021, contre 36% en 2020. L’offre est de moins en moins en concordance avec la demande et d’ailleurs les candidats ne s’en cachent pas pour le dire à travers les réseaux sociaux. Bien que le recours à l’intérim soit en plein essor, il entraîne un changement du processus de recrutement et pas dans un sens qui est toujours positif. 

 

 

Cependant, les agences d’intérim sont amenées à revoir leur offre pour s’adapter aux besoins des entreprises. Bien sûr les candidats suivent malgré eux. Les cabinets de recrutement conservent leur place malgré la concurrence et des candidats de plus en plus exigeant !

La perte de confiance des entreprises dans le recrutement

Nous pouvons relever plusieurs freins à cette perte de confiance des entreprises :

 

  • Allongement des délais du processus et du nombre d’entretiens. Dans certains cas on demande aux candidats de rencontrer jusqu’à 7 ou 8 personnes dans l’entreprise et cela peut s’étaler sur plusieurs mois sans qu’aucune décision n’intervienne.

 

  • Multiplication à l’infini du nombre de candidats reçus par l’entreprise sans que celle-ci n’arrive à fixer son choix pour autant qu’elle en ait réellement envie. Cette absence de décision s’accompagnant d’une absence de feedback.

     

  • Interruption de la mission pour des motifs difficilement contestables si l’on pouvait vérifier leur authenticité (promotion interne, budget retiré, changement de stratégie, départ du N+ 1, etc.).

     

Un directeur général aurait même fini par avouer à un consultant après plusieurs mois de « campagne » et après avoir rencontré des dizaines de candidats reconnus tous « très intéressants » sur ce poste de Directeur de B.U : « En fait vous savez je ne sais pas si j’ai réellement envie de recruter quelqu’un… »

 

Jusqu’où pourra-t-on dégrader cette noble activité qui consiste à aider les entreprises à trouver la bonne personne, au bon moment, au bon endroit et au meilleur prix 

 

C’est une question qui reste en suspens et amène à réfléchir sur la meilleure façon d’agir à l’avenir…

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