Les filières de la mobilité traversent une phase de recomposition profonde, où les enjeux de compétences et d’organisation managériale deviennent aussi structurants que les évolutions technologiques. Dans ce contexte, ce document restitue les interventions du 8 janvier 2026 : d’une part, le bilan 2025 et les perspectives 2026 de LEA Partners présentés par Florent Saclier ; d’autre part, l’éclairage apporté par Isabelle Pascal sur les dynamiques d’innovation observées en Chine.
Intervention de Florent Saclier
LEA Partners :
un écosystème au service des transformations de la mobilité
LEA Partners, c’est avant tout un écosystème de consultants, d’experts et de formateurs, spécialisé dans les métiers de la mobilité, au sens large.
Selon les contextes et les besoins, nous intervenons sur :
des sujets RH (recrutement, GPEC, QVT, marque employeur),
de la formation et du coaching,
du conseil en organisation et en bonnes pratiques,
de l’accompagnement au changement, y compris sur les enjeux RSE et de transmission,
et plus largement sur des stratégies de performance et de transformation.
Notre conviction est simple : la valeur se crée par la mise en réseau des expertises, pas par une approche isolée.
Une équipe renforcée et territorialisée
L’année 2025 a marqué une étape importante dans le développement de l’équipe. Plusieurs nouveaux profils sont venus renforcer l’écosystème :
Serena, en appui sur les sujets RH en tant que consultante junior,
Pier Paolo, sur le support marketing et le développement commercial,
Valérie, consultante RH basée en région PACA,
ainsi que Sébastien et Éric, consultants spécialisés respectivement dans le poids lourd et l’automobile.
Ce renforcement traduit notre volonté d’être une équipe à la fois pluridisciplinaire et ancrée dans les territoires.
Au-delà de l’équipe, LEA Partners s’appuie sur un réseau de clients et partenaires solides, avec lesquels nous construisons des réponses concrètes aux enjeux du terrain.
Parmi eux :
des constructeurs,
des équipementiers,
des groupes de distribution,
et de nouveaux opérateurs de la mobilité.
Notre mode de fonctionnement est volontairement ouvert : nous développons les potentiels, nous croisons les expertises, et nous adaptons nos réponses aux besoins réels de nos clients.
Des partenariats structurants pour créer de l’impact :
OPCO Mobilités & SM360
L’un de nos partenariats structurants reste OPCO Mobilités, avec lequel nous sommes référencés depuis maintenant six ans.
Ce partenariat s’inscrit dans une logique claire :
Avant de construire un programme de formation ou d’accompagnement, il est indispensable de disposer d’une photographie factuelle des compétences existantes.
C’est précisément l’objectif de notre outil SM360, développé avec ITINERA Formation :
cartographie des compétences,
analyse comportementale, motivationnelle et fonctionnelle,
appui sur un référentiel national (fiches R.O.M.E.),
prise en compte du point de vue managérial.
SM360 permet d’objectiver les situations, de sécuriser les diagnostics et d’intervenir de manière ciblée et efficace.
Intervenir autrement : formations et accompagnements sur mesure
Sur cette base, nous déployons des modules d’intervention à la carte, aussi bien dans :
les réseaux de distribution VL,
le poids lourd,
que les filières moto.
Notre approche reste pragmatique : le bon format, au bon moment, pour les bons publics.
Mixité et attractivité des métiers : un levier stratégique
2025 a également été marquée par un engagement renforcé sur les enjeux sociaux et sociétaux, notamment à travers notre collaboration avec WAVE – Les Elles de l’Auto.
Nous avons accompagné :
le programme WISE, visant à faciliter le repositionnement de femmes dans les métiers de l’automobile,
ainsi que des actions menées lors du salon Equip Auto.
Ce travail a notamment permis la publication de notre premier baromètre sur les grandes tendances RH des filières de la mobilité.
Pour nous, la mixité n’est pas un sujet annexe : c’est un levier concret d’attractivité et de performance pour la filière.
Répondre aux tensions & pénuries de main-d’œuvre : OLACAR ...
Parmi les partenariats opérationnels développés figure Olacar, acteur spécialisé dans la mise à disposition de main-d’œuvre qualifiée pour les ateliers de réparation (carrossiers, peintres, mécaniciens).
Le modèle proposé repose sur des profils expérimentés et une logique de prestation encadrée, répondant aux tensions croissantes sur les métiers techniques.
... et aux enjeux économiques : INDICATA
LEA Partners c’est également rapproché d’Indicata, spécialiste de l’analyse de données et de la valorisation des véhicules, notamment d’occasion.
Les solutions proposées permettent d’estimer la valeur actuelle et future des véhicules et d’optimiser les décisions de gestion, avec des synergies naturelles pour les démarches de performance et de transformation accompagnées par LEA Partners.
La vidéo comme levier d’évolution de la relation client : CitNOW
CitNOW est un partenaire technologique apportant une réponse concrète à l’évolution de la relation client dans les filières de la mobilité. La solution repose sur l’usage de la vidéo personnalisée pour fluidifier et clarifier les échanges entre les professionnels de l’automobile et leurs clients, notamment dans les phases d’explication, de suivi et de décision.
Ces usages, déjà largement déployés à l’international, restent en phase d’adoption progressive en France et notre partenariat s’inscrit dans une logique d’expérimentation et d’adaptation, visant à améliorer les pratiques relationnelles et managériales sans alourdir l’organisation des équipes.
Fédération Française de la Carrosserie (FFC),
un partenariat sous de bons auspices !
Nous sommes particulièrement heureux de célébrer notre partenariat avec Didier Dugrand, Délégué Général et Secrétaire Général, responsable de la branche Équipements & Véhicules.
L’enjeu maintenant est clair :
faire connaître cette collaboration auprès des adhérents,
et les accompagner dans les transformations qu’ils vivent au quotidien, tant sur les sujets RH que sur l’évolution des métiers.
Intervention d'Isabelle Pascal :
Chine, innovation et transformation de l’automobile
Ce que l’innovation chinoise révèle de l’avenir de l’automobile
Sortir du réflexe défensif pour comprendre les dynamiques chinoises
Lorsqu’il est question de la Chine, le discours dominant en Europe reste souvent marqué par la crainte et la défiance. L’approche proposée ici est différente : il s’agit de passer d’un benchmarking défensif à une posture d’apprentissage actif, fondée sur l’observation, la contextualisation et la traduction des pratiques.
La Chine ne constitue pas un marché homogène. Elle fonctionne à l’échelle d’un continent, avec des logiques économiques, culturelles et technologiques très différentes selon les régions. Toute analyse pertinente suppose d’accepter cette diversité et cette vitesse de transformation.
Une trajectoire d’observation transversale
Mon regard porté sur l’automobile chinoise est issu d’une expérience transversale, construite dans des secteurs tels que le design, l’architecture, les matériaux, la mode, le jeu vidéo et les technologies avancées. Ces secteurs partagent un point commun : ils sont profondément impactés par l’évolution des usages et par l’intégration rapide du numérique.
L’automobile apparaît comme un révélateur particulièrement puissant de ces mutations, notamment depuis le début des années 2010, lorsque les constructeurs européens ont cherché à comprendre les spécificités du marché chinois.
L’électrique comme point de bascule stratégique
Le refus par la Chine de certaines licences d’importation de véhicules électriques a marqué un tournant. Là où le thermique reste un domaine historiquement dominé par les acteurs occidentaux, l’électrique est devenu un espace d’expérimentation et de réinvention.
Cette orientation a permis à la Chine de penser l’automobile électrique non comme une simple alternative technologique, mais comme un système global intégrant industrie, technologie, usages et services.
De la voiture-produit à la plateforme logicielle
En Europe, la voiture reste fondamentalement :
un moteur,
une carrosserie,
une performance d’ingénierie.
En Chine, la voiture devient avant tout :
un logiciel,
une interface,
une expérience utilisateur évolutive.
Les acteurs qui structurent ce marché ne sont plus nécessairement issus de l’automobile :
BYD vient des batteries,
Xiaomi et Huawei viennent du smartphone,
Xpeng vient de la robotique.
La voiture est conçue comme un device sur roues, mis à jour en permanence, enrichi par des services, très proche du modèle du téléphone mobile.
L’usage avant la conduite
Dans un pays sans culture automobile ancienne, la conduite n’est pas un marqueur identitaire fort. Ce qui compte, c’est l’usage, la fluidité, la commodité.
La fonctionnalité minimale attendue par un consommateur chinois est aujourd’hui que la voiture :
se localise seule,
vienne chercher son propriétaire dans un parking,
s’intègre naturellement au smartphone.
Les aides à la conduite et l’autonomie ne sont pas perçues comme des options premium, mais comme des standards fonctionnels.
La voiture comme espace de vie
Dans un environnement urbain dense et ultra-stimulant, la voiture devient t un espace refuge.
Elle devient un lieu de calme, de travail, de détente et de services, parfois même un lieu de loisirs… Les équipements embarqués (sièges massants, écrans, connectivité, services) répondent à cette logique.
La voiture devient une “room with a view”… cette formule résume bien cette évolution.
Réinventer la commercialisation : de la vente à l’engagement
Ces évolutions transforment profondément les modes de commercialisation. En Chine, les voitures se vendent dans les centres commerciaux, via le social commerce ou le live commerce.
La vente n’est plus un acte ponctuel, mais le point de départ d’une relation continue, nourrie par des services, des mises à jour et des communautés d’utilisateurs.
NIO illustre cette logique en développant, dès 2017, des NIO Houses conçues comme des lieux de vie, de travail et de rencontre. La voiture s’inscrit dans un écosystème global associant smart home, smartphone, services et communauté.
Ce que la Chine révèle aux acteurs européens
L’intérêt de l’exemple chinois ne réside pas dans l’imitation, mais dans la capacité à révéler des tendances de fond : primauté du logiciel, transformation de la relation client, remise en question du produit comme objet fini.
La Chine agit ainsi comme un révélateur des mutations à l’œuvre dans l’industrie automobile mondiale, invitant les acteurs européens à interroger leurs modèles, leurs usages et leurs stratégies de long terme.


